Nous pensons souvent que pour réussir une photographie, il faut maîtriser tous les réglages sur le bout des doigts.
Mais que reste-t-il de l’image si l’on oublie de regarder ?
Le week-end dernier, au Jardin des Plantes Compagnes à Montgesoye, nous avons fait un pari différent : celui de ralentir.
Pendant deux jours, j’ai co-animé un stage inédit avec Claire des ateliers d’écriture Lune de plume.
L’objectif n’était pas de produire des images « parfaites », c’était d’utiliser la photographie et l’écriture comme des outils de mise en relation avec le vivant.
Ce stage a été marqué par une horizontalité partagée.
Pour incarner cette démarche de « lien », nous avons croisé nos rôles. J’ai posé mon boîtier pour m’installer dans l’herbe, carnet à la main, et suivre les ateliers d’écriture de Claire. De son côté, elle a rejoint nos propositions d’explorations photographiques.
Cette posture de participant m’a rappelé une vérité essentielle : l’humilité est le premier réglage du photographe.
Pour témoigner de la beauté d’une plante ou de la poésie d’une lumière, il faut d’abord accepter de se laisser traverser par elle, de se mettre en lien, sans l’urgence d’appuyer sur le déclencheur.
Le moment le plus fort du stage a été, pour moi, et sans aucun doute, le deuxième jour. Les participants ont commencé à faire dialoguer leurs productions :
Le mot vient prolonger l’intention, donner une voix à l’image.
Voir une photographie se transformer et prendre une nouvelle dimension sous la plume d’un autre participant a été un déclic pour tous. C’est ici que l’on comprend que l’appareil photo n’est qu’un prolongement de notre attention.
Au-delà des fichiers numériques, ce que les stagiaires ramènent chez eux, c’est une méthode de présence :
L’intention avant l’outil : Que l’on soit équipé d’un boîtier professionnel ou d’un simple smartphone, le regard reste le seul maître à bord.
Le temps de la contemplation : Apprendre à attendre que le sujet nous « parle » avant de cadrer, puis attendre encore avant de déclencher.
La force du collectif : Une ambiance joyeuse et décontractée où l’humour n’a jamais empêché la profondeur de la recherche artistique.
Ce travail sensible ne restera pas dans l’ombre.
Les textes et les images seront réunis sous forme de diptyques pour une exposition lors des Rendez-vous aux jardins les 6 et 7 juin 2026.
Je vous invite à venir découvrir ces regards croisés, reflets d’une nature observée avec le cœur autant qu’avec l’œil.
Je suis Florian Houdelot, photographe basé à Besançon, entre Doubs et Jura.
Mon travail explore le réel ordinaire à travers le territoire, le rapport au vivant et les formes de présence humaine.
Je développe des projets photographiques personnels et collectifs, ainsi que des stages, workshops et séances photographiques ancrés dans une approche documentaire et attentive du regard.