Ma pratique photographique s’ancre dans une attention soutenue au vivant et aux manières dont les individus, humains ou non humains, habitent un territoire.
J’explore les formes discrètes de présence, les gestes ordinaires et les micro-situations qui composent la trame sensible du monde.
L’appareil devient pour moi un outil d’observation lente, un moyen de restituer ce qui demeure souvent invisible : les détails anodins qui, assemblés, dessinent une cartographie intime du réel.
Mon travail se développe à la jonction de la photographie documentaire et d’une approche plus poétique du regard.
Je m’intéresse à ce que la photographie peut révéler des relations entre humains et milieux : la manière dont un marché de quartier structure un lien social, comment un chemin forestier raconte une mémoire collective, ou comment un simple changement de lumière modifie notre perception d’un lieu.
La beauté qui m’occupe n’est jamais spectaculaire ; elle réside dans l’ordinarité et dans la part de fragilité que chaque scène porte.
Mes choix esthétiques s’appuient sur des formats légers, sur une proximité assumée avec les sujets et sur une temporalité étirée.
Travailler dans la durée me permet de dépasser la surface, d’établir une relation de confiance, d’atteindre une forme de vérité partagée.
Cette méthode s’inspire autant de la tradition documentaire humaniste que de pratiques contemporaines qui interrogent notre responsabilité envers le vivant et les territoires.
La restitution prend la forme de séries photographiques pensées comme des ensembles cohérents, destinés à être déployés en exposition, en édition ou dans des dispositifs de médiation.
Ma démarche interroge également ma propre place dans ce processus. Je travaille depuis plusieurs années à dépasser un sentiment d’illégitimité qui traverse encore ma pratique. En intégrant cette fragilité au cœur de mon travail, j’assume une posture où l’humilité, le doute et la rigueur deviennent des outils méthodologiques.
Publier, montrer, transmettre : chaque étape participe à construire une parole artistique ancrée, capable de dialoguer avec les institutions culturelles, les acteurs du territoire et les publics.
En définitive, mon travail cherche à créer des espaces de perception où l’on peut comprendre autrement le monde que nous partageons. Photographier devient alors une manière de prendre soin : des lieux, des personnes, des relations qui nous relient. C’est cette conviction — que l’image peut contribuer à une attention renouvelée au vivant — qui guide aujourd’hui l’ensemble de mes projets.
Je suis Florian Houdelot, photographe basé à Besançon, entre Doubs et Jura.
Mon travail explore le réel ordinaire à travers le territoire, le rapport au vivant et les formes de présence humaine.
Je développe des projets photographiques personnels et collectifs, ainsi que des stages, workshops et séances photographiques ancrés dans une approche documentaire et attentive du regard.